Vous n’êtes pas débordé(e), votre journée n’est pas remplie de réunions et de dossiers urgents.
Pourtant, aller travailler vous demande de plus en plus d’efforts et vous rentrez parfois vidé(e).
Le bore-out désigne une situation de souffrance professionnelle liée à un ennui durable, une sous-charge de travail ou un manque de stimulation et de sens.
Il peut notamment se manifester par une démotivation croissante, une fatigue persistante, un sentiment d’inutilité, une perte de confiance et une difficulté grandissante à se rendre au travail.
👉 S’ennuyer ponctuellement est normal. En revanche, lorsque cet ennui s’installe, vous affecte profondément et déborde sur votre vie personnelle, il mérite d’être pris au sérieux.
Qu’est-ce que le bore-out ?
Le bore-out est souvent présenté comme l’opposé du burn-out.
Dans le burn-out, la personne s’épuise généralement dans un contexte de stress professionnel chronique et d’investissement prolongé. Dans le bore-out, la souffrance est davantage liée à la sous-stimulation : pas assez de travail, des tâches trop simples ou répétitives, des compétences inutilisées et parfois le sentiment de ne servir à rien.
Cette opposition doit cependant être nuancée. Dans la réalité, il n’existe pas toujours une frontière aussi nette. Une personne peut manquer de missions intéressantes tout en subissant une forte pression pour paraître productive. Elle peut aussi avoir beaucoup de tâches à réaliser, mais n’y trouver aucune stimulation ni utilité.
Le problème n’est donc pas seulement la quantité de travail. Il peut également venir d’un manque d’autonomie, de reconnaissance ou de possibilités d’utiliser ses compétences. L’INRS identifie justement ces éléments parmi les facteurs de risques psychosociaux liés à l’organisation du travail. INRS – Facteurs de risques psychosociaux
Le mot « bore-out » peut aider à mettre du sens sur une situation, mais il ne permet pas de poser soi-même un diagnostic.
Ce qui importe avant tout, c’est la durée du malaise, la souffrance ressentie et ses répercussions sur votre santé et votre quotidien.
Bore-out ou simple ennui au travail : comment faire la différence ?
Nous pouvons tous connaître une semaine calme, assister à une réunion interminable ou traverser une période pendant laquelle nos missions nous intéressent moins.
Cet ennui reste généralement ponctuel. Il disparaît lorsqu’un nouveau projet commence, que l’activité reprend ou que l’on retrouve des tâches plus stimulantes.
Dans une situation de bore-out, l’ennui devient la toile de fond du quotidien professionnel. Les semaines passent sans véritable amélioration. Vous ne voyez plus ce qui pourrait évoluer et vous vous sentez de plus en plus détaché(e) de votre travail.
La souffrance prend également une autre dimension.
Vous ne vous dites plus seulement « je m’ennuie aujourd’hui », mais plutôt :
- « Je ne comprends plus pourquoi je viens travailler. »
- « J’ai l’impression de perdre mes capacités. »
- « Je n’ai pourtant pas de raison de me plaindre. »
- « Je suis fatigué(e) alors que je ne fais presque rien. »
Lorsque ces pensées deviennent récurrentes et commencent à affecter votre motivation, votre confiance ou votre vie personnelle, l’ennui n’est plus anodin.

Les 7 signes que l’ennui au travail est devenu un problème
Pris isolément, chacun de ces signes peut avoir plusieurs explications.
C’est leur accumulation, leur intensité et leur persistance qui doivent attirer votre attention.
1. Vous vous ennuyez presque tous les jours
Vos journées vous paraissent interminables.
Vous regardez régulièrement l’heure en espérant qu’elle ait avancé davantage. Vous consultez votre boîte mail sans raison particulière, simplement pour vérifier si quelque chose de nouveau est arrivé.
Vous terminez parfois une tâche en une heure, mais vous savez que vous n’en aurez pas d’autre avant la fin de la journée. Vous ralentissez donc volontairement, vous relisez plusieurs fois le même document ou vous reportez sa finalisation.
Il ne s’agit plus d’un passage creux entre deux projets. L’ennui s’est installé depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois et vous ne voyez aucune évolution se dessiner.
Le télétravail peut rendre cette situation encore plus étrange : vous restez disponible devant votre ordinateur tout en n’ayant presque rien à faire. Vous n’êtes pas libre de votre temps, mais vous n’avez pas non plus de travail suffisamment stimulant pour l’occuper.
2. Vous faites semblant d’être occupé(e)
C’est une dimension du bore-out dont on parle encore assez peu : l’ennui ne suffit pas, il faut parfois aussi le dissimuler.
Vous gardez plusieurs fenêtres ouvertes lorsque quelqu’un passe derrière votre écran. Vous rédigez lentement des mails sans véritable enjeu. Vous attendez avant d’envoyer un travail terminé, de peur que l’on vous demande ce que vous avez fait du reste de votre journée.
Cette mise en scène peut devenir épuisante.
Vous devez rester à votre poste, paraître disponible et donner l’impression d’être productif(ve), tout en sachant que votre charge ne justifie pas réellement vos horaires. Vous pouvez même finir par redouter que votre hiérarchie découvre votre manque de missions et vous en tienne responsable.
La sous-charge devient alors une source de tension : vous vous ennuyez, mais vous ne pouvez pas vraiment vous détendre ni utiliser librement le temps disponible.
3. Vous ne voyez plus l’utilité de ce que vous faites
Vous réalisez vos missions correctement, parfois même très bien, mais vous ne comprenez plus à quoi elles servent.
Vos dossiers n’aboutissent nulle part. Les projets sur lesquels vous travaillez sont régulièrement abandonnés. Votre avis n’est jamais sollicité ou vos compétences sont très peu utilisées.
Vous pouvez avoir l’impression que votre présence ne change rien au fonctionnement de l’entreprise. À la fin de la journée, vous avez été occupé(e), mais vous ne savez pas vraiment ce que vous avez accompli.
Cette perte d’utilité peut exister même lorsque la charge de travail semble normale. On peut passer des journées remplies à exécuter des tâches répétitives, sans autonomie et sans percevoir leur finalité.
C’est ici que le bore-out peut rejoindre la perte de sens au travail : ce n’est pas seulement le manque d’activité qui pèse, mais la sensation que son travail ne produit rien d’important, pour soi comme pour les autres.
4. Vous appréhendez le travail alors que vous n’êtes pas débordé(e)
Le dimanche soir devient difficile, le réveil du lundi provoque une boule au ventre… Vous retardez le moment de vous connecter ou d’entrer dans les locaux.
Pourtant, aucune urgence particulière ne vous attend.
Ce paradoxe peut être très déstabilisant. Vous pensez peut-être que seules les personnes submergées par leur charge de travail ont une raison légitime de redouter leur journée. Comme vous n’êtes pas dans cette situation, vous vous reprochez votre manque de motivation.
Mais passer huit heures dans un environnement où l’on ne se sent ni utile, ni stimulé, ni à sa place peut être profondément pesant.
Ce n’est pas forcément le travail à accomplir que vous redoutez.
C’est le vide, la lenteur de la journée, le besoin de faire semblant ou la perspective de ne trouver une nouvelle fois aucune satisfaction dans ce que vous faites.
5. Vous êtes fatigué(e) malgré le manque d’activité
« Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi fatigué(e) : je ne fais pourtant presque rien. »
Cette phrase résume l’une des expériences les plus déroutantes associées au bore-out.
☝️ Ne pas avoir assez de travail ne signifie pas nécessairement être au repos.
Vous devez rester présent(e), disponible et attentif(ve), sans bénéficier de la stimulation qui aide normalement à mobiliser son énergie.
À force, vous pouvez éprouver des difficultés à vous concentrer, vous sentir somnolent(e) devant votre écran ou avoir besoin d’un temps important pour accomplir une tâche pourtant simple.
Cette fatigue peut aussi avoir de nombreuses autres causes, physiques ou psychologiques. Elle ne doit donc pas être automatiquement attribuée au bore-out. Si elle persiste, s’intensifie ou s’accompagne d’autres symptômes, parlez-en à votre médecin.
6. Vous perdez confiance en vos capacités
Lorsque vos compétences ne sont plus sollicitées, vous pouvez finir par douter de leur existence.
Vous vous demandez si vous seriez encore capable d’occuper un poste plus exigeant. Une nouvelle mission vous inquiète alors même que vous vous plaigniez auparavant de ne rien avoir à faire. Vous hésitez à candidater ailleurs, convaincu(e) d’avoir perdu votre niveau.
À cela s’ajoute souvent la culpabilité :
- « J’ai un emploi stable, je devrais être reconnaissant(e). »
- « D’autres sont débordés, je n’ai pas le droit de me plaindre. »
- « Si je ne suis plus motivé(d), c’est peut-être simplement parce que je suis paresseux(se). »
Ce qui me frappe dans ces situations, c’est la manière dont la personne finit par retourner le problème contre elle-même.
Elle ne souffre plus seulement de son travail : elle se reproche également de ne pas réussir à apprécier une situation que d’autres pourraient lui envier.
Pourtant, ne pas pouvoir utiliser ses capacités ne signifie pas ne plus en avoir. La sous-stimulation peut brouiller le regard que vous portez sur vous, sans rien dire de votre valeur réelle.
7. Le malaise déborde sur votre vie personnelle
Au départ, vous pensiez que le problème resterait au bureau. Mais vous rentrez sans énergie, irritable ou complètement éteint(e).
Vous n’avez plus envie de voir vos proches ni de pratiquer les activités qui vous plaisaient auparavant.
Vous continuez à penser à votre travail, non pas parce qu’il vous passionne ou vous surcharge, mais parce que vous ne comprenez pas comment sortir de cette situation.
L’INRS rappelle que les risques psychosociaux peuvent notamment s’accompagner de troubles de la concentration ou du sommeil, d’irritabilité, de nervosité et d’une fatigue importante. INRS – Prévenir les risques psychosociaux
Ces manifestations ne sont pas spécifiques au bore-out. Elles peuvent également être liées à un trouble anxieux, un état dépressif, un problème de santé physique ou une autre difficulté personnelle ou professionnelle.
Si votre état général se dégrade, si vous vous sentez en détresse ou si les symptômes deviennent importants, ne restez pas seul(e) : consultez votre médecin traitant ou votre médecin du travail.

Pourquoi le bore-out est-il si difficile à reconnaître ?
La surcharge de travail est aujourd’hui assez facilement identifiée comme une source possible de souffrance. La sous-charge reste beaucoup plus difficile à évoquer.
Comment expliquer à ses proches que l’on va mal parce que l’on ne travaille pas assez ?
Comment en parler à un collègue qui croule sous les dossiers ?
Comment dire à son responsable que l’on n’a pas suffisamment de missions sans craindre pour son poste ?
Certaines personnes préfèrent se taire parce qu’elles ont honte. D’autres pensent qu’elles devraient profiter de leur situation ou utiliser leur énergie en dehors du travail.
Mais un emploi occupe une grande partie de nos journées. Rester disponible pendant des heures sans se sentir utile, reconnu ou stimulé n’équivaut pas à disposer de temps libre.
Cette culpabilité retarde souvent la prise de conscience. La personne attend que la situation devienne vraiment difficile avant de s’autoriser à en parler.
👉 Vous n’avez pourtant pas besoin d’être arrivé(e) à votre limite pour reconnaître que quelque chose ne va plus.
Que faire si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes ?
La première étape ne consiste pas nécessairement à démissionner ou à chercher immédiatement un nouveau métier. Elle consiste à regarder la situation telle qu’elle est, sans la minimiser.
Pendant une ou deux semaines, vous pouvez observer ce qui se passe concrètement dans vos journées. À quels moments l’ennui est-il le plus difficile ? Quelles tâches vous stimulent encore ? Quelles compétences aimeriez-vous davantage utiliser ? Comment vous sentez-vous avant, pendant et après le travail ?
Cette observation permet de sortir d’une impression générale comme « je n’en peux plus » pour identifier plus précisément ce qui pose problème.
Selon votre environnement, vous pourrez ensuite envisager un échange avec votre responsable, les ressources humaines ou le service de santé au travail. Une évolution peut parfois être trouvée dans le poste actuel : nouvelles missions, responsabilités supplémentaires, formation, mobilité interne ou meilleure utilisation de vos compétences.
Ce dialogue n’est cependant pas toujours simple ni possible. Une mise à l’écart, une absence durable de missions ou un management fermé ne se résolvent pas uniquement grâce à une meilleure communication.
Vous pouvez alors avoir besoin de prendre du recul avec une personne extérieure. Non pas pour décider immédiatement de quitter votre travail, mais pour mettre des mots sur ce que vous vivez, retrouver confiance dans vos capacités et examiner les possibilités qui s’offrent à vous.
Enfin, si l’ennui s’accompagne d’une fatigue intense, de troubles du sommeil, d’anxiété, d’une perte générale d’intérêt ou d’une importante détresse psychologique, un avis médical est nécessaire. Le coaching peut accompagner une réflexion, mais il ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique.
Faut-il forcément quitter son travail pour sortir du bore-out ?
Non. ❌
Tout dépend de l’origine de votre ennui et de la capacité de votre environnement professionnel à évoluer.
Une nouvelle mission, davantage d’autonomie, une formation ou une mobilité interne peuvent parfois suffire à retrouver de la stimulation. Dans d’autres situations, le poste ou l’organisation ne laisse aucune marge de changement et un départ devient une possibilité à envisager.
L’important est de ne pas prendre une décision uniquement pour échapper au malaise, sans avoir identifié ce dont vous avez besoin à la place.
Un nouvel emploi peut sembler enthousiasmant pendant quelques mois, puis reproduire les mêmes difficultés s’il n’offre pas davantage de sens, de stimulation ou de possibilités d’évolution.
Avant de décider, essayez donc de clarifier trois choses : ce que vous ne supportez plus, ce qui vous manque aujourd’hui et les conditions dont vous auriez besoin pour retrouver de l’intérêt dans votre travail.
L’ennui au travail mérite aussi d’être entendu
Le bore-out est parfois minimisé parce qu’il ne correspond pas à l’image habituelle de l’épuisement professionnel. Pourtant, l’absence durable de stimulation, d’utilité ou de reconnaissance peut affecter profondément la motivation, la confiance et l’équilibre personnel.
Vous n’avez pas besoin de savoir immédiatement si vous devez rester, partir ou changer de métier. Vous pouvez commencer plus simplement : reconnaître que la situation vous fait souffrir et prendre le temps de comprendre pourquoi.
Si vous avez besoin de déposer ce que vous vivez avant d’envisager la suite, la séance Soupape vous offre un espace individuel de 1h30 pour vous sentir entendu(e), remettre un peu d’ordre dans vos pensées et identifier vos premières priorités.
Questions fréquentes sur le bore-out
Quels sont les principaux signes du bore-out ?
Les signes fréquemment associés au bore-out sont un ennui professionnel persistant, une perte de motivation, le sentiment de ne servir à rien, le besoin de faire semblant d’être occupé, une fatigue paradoxale et une diminution de la confiance en soi. Le malaise peut également déborder sur la vie personnelle avec de l’irritabilité, des difficultés de concentration ou une perte d’enthousiasme.
Ces signes ne suffisent pas à établir un diagnostic et peuvent avoir d’autres causes.
Peut-on être fatigué à cause de l’ennui au travail ?
Une situation durable de sous-stimulation peut s’accompagner d’une importante fatigue mentale. Rester disponible sans avoir suffisamment de tâches, dissimuler son manque d’activité et lutter contre le désengagement peuvent devenir éprouvants.
Toute fatigue persistante mérite néanmoins d’être évaluée par un médecin afin d’en rechercher les différentes causes possibles.
Quelle est la différence entre le bore-out et le burn-out ?
Le burn-out est généralement associé à un stress professionnel chronique et à un investissement prolongé dans un travail très exigeant. Le bore-out est davantage lié à une sous-charge, un ennui durable ou un manque de stimulation.
Dans la réalité, certaines manifestations peuvent se ressembler et les situations professionnelles sont parfois plus complexes que cette distinction.
Le bore-out est-il une maladie ?
Le terme « bore-out » décrit une forme de souffrance professionnelle liée à l’ennui et à la sous-stimulation. Il ne permet pas de poser soi-même un diagnostic médical.
Si votre état affecte votre sommeil, votre humeur, votre santé ou votre capacité à fonctionner au quotidien, consultez votre médecin traitant ou votre médecin du travail.
Qui consulter en cas de bore-out ?
Vous pouvez solliciter votre médecin traitant ou votre médecin du travail, notamment si votre santé est affectée. Un psychologue peut vous aider à travailler sur les répercussions émotionnelles de la situation.
Un coach peut intervenir en complément pour vous aider à clarifier ce qui vous pèse, retrouver vos repères et réfléchir aux changements professionnels ou personnels dont vous avez besoin.
